Villa Varoise par NADAAA avec Bidard & Raissi

Projet : maison familiale | Architectes : NADAAA (design principal : Nader Tehrani) | Architectes associés : Bidard & Raissi | Paysagiste : Jean Mus |
Lieu : Ramatuelle, Var, France | Livraison : 2020 | Surface : 490 m² | Photographies : John Horner | Article écrit par Vilatera

Sur les collines de Ramatuelle, à l’écart de l’agitation de la baie de Saint‑Tropez, Villa Varoise choisit l’évidence : s’asseoir dans la pente, ouvrir des cadrages nets, laisser le climat faire son œuvre. Conçue par NADAAA (Boston) avec Bidard & Raissi (Paris) et un paysage signé Jean Mus, la maison réunit une famille autour d’un patio glissé et d’une voûte‑porche qui donne le ton. Béton teinté terre, bois, lumière maîtrisée : une architecture calme, précise, qui privilégie la vie quotidienne à l’effet de signature.

Contexte & intention

Le site regarde les pins parasols, les vignes et, au loin, une bande de mer. La demande est simple : une maison de rassemblement pour des saisons longues, capable d’être ouverte et perméable aux beaux jours, mais confortable toute l’année. Réponse des architectes : travailler avec le terrain. Ne pas terrasser plus que nécessaire, ne pas surélever pour “voir la mer”, mais composer avec la pente et installer des lieux clairs où chacun trouve sa place.

Une maison‑patio en pente

Le cœur du projet est un patio légèrement décalé dans la topographie. Ce vide habité règle tout : il distribue les pièces, ventile la maison, dose l’ombre et le soleil. On arrive par la voûte‑porche — un seuil épais qui cadre le ciel et concentre une ombre fraîche — puis le regard bascule dans la cour. Ici, l’extérieur est une vraie pièce : petit‑déjeuner, sieste, jeux d’enfants, dîner à l’abri du vent.

Plan de vie : clair et efficace

La maison se compose de deux volumes en L qui s’ajustent autour du patio.
Niveau haut : un grand séjour réunit salon, cuisine et table familiale ; tout file vers la terrasse et la piscine. La suite parentale se place en vis‑à‑vis, avec un rapport direct à la cour.
Niveau bas : une rue intérieure dessert les chambres ; chacune s’ouvre de plain‑pied sur le jardin d’oliviers et de vignes. À l’angle, un family room semi‑extérieur prolonge les heures de fin d’après‑midi.Les circulations sont courtes, les usages évidents : on passe du dedans au dehors sans effort.

Voûtes : structure et lumière

La toiture aligne une série de voûtes surface‑actives. Elles portent et stabilisent la structure tout en amenant la lumière méridionale avec précision. Leur rythme calme affine la silhouette et crée des cadrages en mouvement : une cime de pin, une ligne d’horizon, un nuage. Marcher dans la maison, c’est faire varier le cadre.

Matières & détails

Le béton banché pigmenté adopte une teinte de terre ; il absorbe la lumière, résonne avec le vert sombre des pins et le brun des troncs. Les baies toute hauteur affleurent les parois, sans entourage superflu ; des volets bois coulissants glissent sur rail apparent. Les seuils sont épais, les encadrements nets. Tout parle d’usage : passer, s’asseoir, ouvrir, fermer. Rien d’ostentatoire ; une exécution soignée qui laisse la maison respirer.

Climat, simplement

Le confort est pensé avec le climat. La voûte donne l’ombre nécessaire à l’arrivée ; le patio fonctionne en microclimat — protection au mistral, soleil tamisé au cœur de la journée. La ventilation traversante rafraîchit les pièces ; les passages extérieurs rendent les circulations agréables même en été. La technique existe, mais reste en retrait : ce sont la forme, l’orientation et la matière qui font le travail.

Paysage & usage du site

Le terrain est replanté d’essences locales ; l’oliveraie est restaurée. Plutôt qu’un grand geste, le paysage accompagne la maison : marches courtes, restanques, herbes, ombres portées. Le soir, les parcours se lisent à la lueur basse ; la piscine s’insère comme une extension naturelle de la terrasse. La villa n’impose pas une “vue carte postale” : elle orchestre des fragments, au rythme de la journée et des saisons.

Une maison à habiter, pas à visiter

Ce que retient le visiteur, c’est la discrétion : une structure lisible, des hauteurs maîtrisées, des matières qui vieilliront bien. Pas de pièces inutiles ni de couloirs interminables. La générosité se concentre là où l’on vit : la grande pièce commune, la cour, les seuils à l’ombre. Une maison paisible, pensée pour durer.